UHRWILLER CYCLOS

Alsace  et  Périgord : Histoire d’une amitié entretenue.

                Le département de la Dordogne, le 1er septembre 1939, accueillit 80 000 évacués alsaciens. Un cinquième d’entre eux y est resté : pourquoi ? Afin de comprendre cela, les Cyclos d’Uhrwiller  sont allés sur place. En parcourant la région, ils espèrent résoudre l’énigme  des profonds liens « périgourdino-alsaciens ». Le camp de base est tout près de Sarlat. La capitale,  moyenâgeuse, gastronomique, favorite des réalisateurs de cinéma,  difficile d’accès car cernée de plateaux haut perchés, a tout pour plaire ! Déjà, les Cyclos Verts, une première fois, sont  conquis par cette région.

 

 

 

La Route des Noix du Périgord

                 Les petites routes se faufilent entre les villages respirant  calme et  sérénité. Chaque sortie de virage est une nouvelle carte postale : des  noyeraies, des truffières, un castelet là-haut, une fermette élevant des oies en contre-bas,  un hameau  caché derrière des cèdres et des chênes séculaires. Tout est net, tout est propre, tout est  simple, tout est authentique. Subjugués par cette atmosphère champêtre, les cyclos d’Uhrwiller, pour la deuxième fois sont conquis par cette  par cette « Route des Noix du Périgord ». La Roque-Gageac, agrippée stoïquement à sa falaise calcaire dominant le  « Fleuve »,  Daglan aux ruelles pavées  bordées de maisons à colombage, Saint André d’Allas tout en pente verticale, Carlux et l’étroit pont sur la Dordogne, le Cingle de Montfort un méandre à 360°, entre autres, resteront  dans les mémoires des cyclotouristes. A Veyrignac c’est la  Fête du Pain !  En ce dimanche matin  les villageois  enfournent une centaine de pains dans le Four du Hameau. Curieux, les cyclos posent leur vélo. Ils sont reçus à bras ouverts. On leur explique, on les questionne, et puis… on les invite. Voilà  Alsaciens et Périgourdins spontanément réunis : pour la troisième fois, les cyclos verts sont conquis par cette Dordogne

La Route des Châteaux du Périgord

« Il y a 1285 châteaux en Dordogne ! ».  Les uhrwillérois se dirigent  vers le Château de Fénelon dominant la vallée de la Bouriane. Il fut transformé en élégante demeure gothique puis fortifié : une merveille ! Epousant les « cingles » de la Dordogne (méandres), après avoir parcouru à pieds les jardins romantiques de Marqueyssac et admiré ses 150 000 buis centenaires, le peloton vert  voit se dresser, sur un éperon rocheux, le Château de Castelnaud! La difficulté de l’approche à vélo  est aussi impressionnante que la majesté  de sa  tour carrée!  Poursuivant cette moyenâgeuse balade, ils découvrent les splendeurs du Château des Milandes, ancienne demeure de Joséphine Baker, puis l’histoire du Castel de Beynac. « Il est impossible de tout voir ! » : disent-ils, conquis une quatrième fois par « leur» Périgord.

De la Route des Plus Beaux villages de France à  la conquête du  vignoble de Domme

                Le lendemain, en une dizaine de kilomètres, trois « Plus Beaux Villages de France » égrènent  l’itinéraire : La Roque-Gageac, Beynac et Domme. Une pittoresque route boisée grimpe vers la  falaise  de la bastide royale de Domme. La vue sur la vallée du Céou fascine certes mais intrigue aussi les cyclos d’Uhrwiller.

 « On nous a parlé du vignoble de Domme, jadis anéanti par le phylloxéra, de ses 17 viticulteurs passionnés qui en 1994  ont relancé ce vin prestigieux… où sont donc les vignes ? Aucun cep à l’horizon ! ».

 D’intrigues en initiatives, les cyclos  concoctent une étape intitulée : « La recherche des vignerons des Coteaux du Céou ». Ils empruntent alors les départementales inusitées, traversent les coquettes cités de Nabirat, St Martial, Bouzic et après une côte interminable, en un seul coup d’œil, ils voient la Cave Coopérative de Moncalou, la Tour Panoramique et…le vignoble si bien caché. Les voilà comblés. Une énième fois le Périgord  les a conquis !

Personne n’est resté !

                Rocamadour, Bergerac,  Padirac, Lascaux et les Eyzies de Tayac conquirent tout autant le cœur des cyclos d’Uhrwiller lors d’un jour de repos. Tous ont  regagné leur Alsace. Contrairement aux 20% de l’année 1940 suite de l’évacuation, personne n’est resté sur place. Ils se sont dit: « Chez nous, dans tous nos villages, nous retrouverons toujours et à jamais un peu de Périgord. Les noms de rues, de  places, de mémoriaux relatent à tout jamais les profonds liens  entre  Dordogne et Alsace».  Un bien riche pèlerinage pour l’AS Uhrwiller Cyclos!

                                                                                                                  WINLING Jean Paul

                                                                                                                              Secrétaire de l’AS Uhrwiller Cyclos